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La tête dans les étoiles - Épisode 49 : Les volcans de métal

19/04/2021

C’est un des plus massifs, et surtout le plus dense et le plus brillant de tous les astéroïdes. Découvert en 1852 par l’italien Annibale De Gasparis, l’astéroïde Psyché est un des astres les plus atypiques du pourtant riche bestiaire du Système solaire. Sa densité, nettement supérieure à celle des roches, indique qu’il contient entre 30 et 50 % de métaux. Mieux encore, son pouvoir réfléchissant est dix fois plus élevé que celui des astéroïdes ordinaires, ce qui implique que même sa surface est majoritairement métallique, autant de propriétés suffisamment intrigantes pour que la NASA décide d’envoyer l’année prochaine une sonde spatiale afin de l’observer de près au bout de trois ans et demi de voyage.

 

À quoi ressemblera cet objet quand la sonde arrivera sur place ? Il est possible qu’il évoque certaines météorites faisant partie de la classe des mésosidérites, composées de fragments de roches pris dans une gangue métallique, signe qu’à une époque lointaine leur corps parent a été suffisamment chaud pour que le métal qu’il contenait fonde et emplisse tous les interstices entre les roches.

 

Mais le plus important pour les scientifiques est de comprendre son origine. L’hypothèse aujourd’hui la plus logique est qu’il s’agisse du cœur d’un planétoïde de grande taille – un embryon de planète, donc – suffisamment massif pour que sa température interne s’élève assez pour liquéfier ses métaux qui auraient alors migré au centre. Puis, suite à une collision titanesque, le planétoïde aurait été désintégré et ne subsisterait désormais que son cœur métallique mis à nu et saupoudré de roches.

 

Une autre hypothèse, plus exotique mais non moins fascinante, repose sur le fait que le Système solaire jeune contenait d’importantes quantités de fer et d’aluminium radioactifs, aujourd’hui disparus. Ces éléments auraient permis à des astéroïdes de taille modeste d’avoir un cœur métallique liquide, et grâce à cela de connaître des épisodes volcaniques, mais un volcanisme bien particulier puisque la lave crachée par leurs volcans n’aurait pas été de la roche en fusion… mais du métal.

 

La très esthétique météorite d’Imilac est composée d’un mélange de métaux (fer et nickel) entourant des fragments et cristaux de roche (ici de l’olivine, reconnaissable à sa couleur dorée caractéristique).

 

© Christie’s